Les hommes frénétiques
- Mokona
- 20 mai 2019
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 21 mai 2019
Bonjour,
Aujourd'hui je vais vous présenter ma dernière lecture, Les hommes frénétiques, d'Ernest Perochon, qui vient d'être réédité par Snag Fiction.

Après des siècles de guerres et l’anéantissement des civilisations, une nouvelle société humaine s’est mise en place sur Terre le long des parallèles.
Une seule obsession désormais : la paix.
Mais la science incontrôlée et le désir impitoyable de conquête semblent vouloir reprendre le dessus sur le destin de l’humanité.
Mon avis:
Déjà, il faut savoir que le livre date de 1925, et le style d'écriture est très particulier. (Pour donner un exemple : "Harrisson s'avança vers le devant de la terrasse où un vieillard reposait sur un fauteuil de forme ancienne. - Maître! murmura-t-il, je suis honteux d'avoir interrompu votre sommeil par ces gamineries bruyantes et stupides! Une puissante tête blanche se détacha du dossier, une belle tête de patriarche aux yeux pleins d'une douceur infinie. - Jouez, jeunes gens! Toi, Luc, grand aîné au cerveau de lumière, toi, petit Samuel au rire étincelant, jouez sans contrainte!"). J'ai eu du mal à vraiment accrocher à ce style.
L'histoire se déroule dans les années 3000. Nous sommes en l'année 525 de l'ère universelle. Au début du tome, on nous fait un bref historique de ce qui s'est passé après la guerre de 14/18. Il y a eu régulièrement des conflits, jusqu'en 2145 où les deux camps principaux du moment se sont lancés dans une énorme offensive à la suite d'une broutille, qui a commencé par la destruction de San Francisco, et a enchaîné avec des nouvelles armes, dont des attaques bactériologiques, qui furent dramatiques pour le monde. On nous amène ensuite trois cents ans plus tard pour expliquer que l'humanité avait complètement régressé après la chute de San Francisco, mais que la Science avait perduré, et l'humanité repartait sur des nouvelles et meilleures bases, comme la Bonté et le Courage, afin d'éviter d'avoir à nouveau des conflits destructeurs. Et donc c'est à ce moment-là que commença l'ère universelle, avec des grands progrès scientifiques pendant ces six siècles. La société n'est plus organisée avec des villes et des campagnes, mais basée sur les méridiens et les parallèles. Malheureusement, des rivalités ont tout de même apparues, et on va voir que selon leurs métiers, les gens se regroupent d'un côté ou d'un autre. Les ouvriers des centrales industrielles, les employés du bâtiment, les sous-agents météorologistes et ceux des transports aériens s'installaient sur les parallèles, alors que les agriculteurs, les ingénieurs, les ouvriers et d'autres encore choisissaient les méridiens. On nous explique aussi que les progrès en matière de communication ou de transport auraient dû aider à fusionner les peuples afin d'avoir une seule patrie unie, mais au contraire, tous restaient séparés.
Après cette présentation du contexte, on nous parle un peu des travaux d'Harrisson, l'élève du savant le plus célèbre du siècle, Avérine, qui est sur le point de fêter ses 100 ans. On voit donc que dans le laboratoire d'Avérine (trop vieux maintenant pour mener des expériences) Luc Harrisson travaille avec une autre scientifiques, Lygie, sur un projet assez complexe.
Nous passerons ensuite à la fête d'anniversaire d'Avérine, suivie dans le monde entier grâce au cinétéléphone, permettant à tous de voir, d'entendre et de parler. Seulement, à la fin de la fête, des grévistes arrivent pour faire du grabuge, et un incident se produit. Cela entraînera des recherches de coupables, des procès à n'en plus finir, et des tensions politiques de tous les côtés. Nous verrons deux camps se lever au fil du temps, un pour les méridiens et l'autre pour les parallèles.
Le livre est découpé en trois parties, deux grosses et la dernière plus petite. Le début de ces tensions entre les deux camps marque la fin de la première partie. La deuxième partira dans un conflit meurtrier et une escalade de violence que l'auteur nous décrit très en détail (aussi bien au niveau politique que dans les différentes armes utilisées ou les découvertes scientifiques), jusqu'à un événement dramatique qui arrête les conflits, mais bien trop tard. La troisième partie sert de conclusion et d'ouverture pour le futur.
Il est intéressant de voir que l'auteur (qui sort de la première guerre mondiale) essaye de présenter un système qui permettrait d'unir les gens, mais qu'il s'attend à ce que les humains cherchent toujours le conflit, quelle que soit la raison. Les premiers camps qui s'opposent dans ce livre sont basés sur leurs professions, nous avons ensuite un retour de la religion (l'auteur a choisi l'Islam comme menace dans ce livre) et surtout, il montre que les évolutions scientifiques se développent en temps de guerre, et que les dirigeants ne se soucient pas du nombre de morts ou des conséquences de certains choix. On a régulièrement des armes bactériologiques qui sont utilisées, et qui déciment des populations complètes, dans d'atroces souffrances. Et l'auteur nous montre Harrisson, que l'on revoit par moment, demander au monde d'arrêter la science, et souhaiter un retour en arrière des connaissances, car il se dit qu'ainsi, il ne pourrait y avoir de conflit aussi meurtrier.
Ce livre n'a pas réellement d'histoire dans le sens où nous avons quelques personnages récurrents certes, mais c'est surtout une description de l'évolution des conflits que nous lisons.
Si vous arrivez à accrocher au style littéraire particulier du livre, et que vous êtes tenté par ce que je vous ai raconté, lancez-vous!
Personnellement, j'ai eu du mal à le finir, mais c'était intéressant de voir comment un auteur de 1925 imagine le futur (en écrivant des choses qui ne passeraient pas maintenant, comme parler de conflits entre les Blancs, les Jaunes et les Noirs...), même si c'est dommage de voir qu'il s'attend à des conflits sans fin....
Bonne lecture et à bientôt :)
Komentarze